Texte 2003

C’est dans un petit garage sombre qu’un jour j’ai redécouvert les papiers collés de mon enfance. Et dans ce petit garage sans  lumière du soleil, de mes petits papiers déchirés sont sortis des paysages. Ceux qui encore enfant m’habitaient et me donnaient envie de fuir les salles de classe et la banlieue parisienne. Des déserts de roches, des plaines arides, des terres craquelées sous le soleil. Un arbres, deux arbres, un amandier peut-être. Des montagnes qui jaillissent de la mer et qui montent, montent vers le ciel. Des nuages qui viennent se poser sur la terre. une maison, un arbre pour un peu d’ombre. Parfois un homme, un âne. Un village si  la solitude se fait trop sentir. Et des îles. Un bout de terre au milieu de l’océan. Rêve d’enfant. De liberté où tout se suffit à soi-même. Et dans ce petit garage sombre sans la lumière du soleil, j’ai fait rentrer toute la lumière dont j’avais besoin. Puis j’ai déménagé, vers une autre lumière. Je me suis installée dans un de mes tableaux. Petite maison dans la palud, loin de tout, face à l’océan. Emportée entre le vent et la mer, j’ai peint l’Espagne dans les embruns de la Bretagne, j’ai peint la Bretagne avec la nostalgie du sud. Aujourd’hui j’ai redéménagé et j’ai trouvé un autre tableau bien vivant. Un peu d’Italie sur une terre Bretonne. Et le voyage continue et ne saurait s’arrêter.

Villajoyosa 2003